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Tubes de dessins animés et personnages connus : ce que dit le droit, et comment faire autrement

Tubes PSP · · Publié le 2026-11-04

Un petit personnage jaune original dessiné au crayon sur une feuille, à côté d’un grand symbole du droit d’auteur
Un personnage inventé appartient à son auteur : le nôtre a été dessiné pour cet article. Illustration originale de la rédaction.

Pendant des années, les forums de graphisme ont fait circuler des milliers de tubes découpés dans des films d’animation, des séries pour enfants, des catalogues de poupées ou des publicités. Ces images sont attachantes et faciles à trouver, mais elles appartiennent à des studios et à des marques. Avant de les utiliser, il vaut la peine de comprendre ce que dit la loi, et de connaître les solutions qui permettent de créer sans risque.

Pourquoi ce n’est pas « libre »

En droit français, toute œuvre originale est protégée dès sa création, sans formalité, pendant toute la vie de l’auteur et soixante-dix ans après sa mort. Pour une œuvre collective comme un film d’animation, la durée se calcule différemment, mais elle reste très longue. Un personnage de dessin animé est une œuvre ; ses images le sont aussi. L’article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que toute reproduction ou adaptation faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit est illicite.

Le détourage ne change rien à cette situation. Retirer le fond d’une image, la redimensionner ou la recolorer reste une reproduction ; au mieux, c’est une adaptation, qui demande elle aussi une autorisation. Le fait que l’image soit déjà présente sur des centaines de sites ne la fait pas tomber dans le domaine public.

À cela s’ajoute souvent le droit des marques : les noms et l’apparence de nombreux personnages et produits sont déposés comme marques, ce qui encadre leur usage commercial.

Et les exceptions ?

La loi prévoit quelques exceptions au monopole de l’auteur. Deux sont souvent invoquées par les amateurs, à tort :

Le « cercle de famille » permet en revanche d’imprimer une carte d’anniversaire décorée pour un enfant et de la lui offrir. Le problème naît avec la diffusion : partager des tubes, publier une création, la vendre.

Les studios ferment-ils les yeux ?

Certains tolèrent les créations de fans, d’autres non, et la tolérance peut cesser du jour au lendemain. Plusieurs grands studios publient des conditions d’utilisation qui interdisent l’usage de leurs personnages hors licence. Dans la pratique, les demandes de retrait visent surtout les sites qui diffusent des images en masse ou qui en tirent un revenu : c’est précisément ce que faisaient beaucoup de « sites de tubes ». Une tolérance n’est pas une autorisation.

Les solutions qui marchent

1. Inventer ses propres personnages

Un personnage n’a pas besoin d’être compliqué pour être charmant. Une forme ronde, deux points pour les yeux, une courbe pour le sourire, deux antennes ou deux oreilles : vous avez une mascotte. Dessinée dans Inkscape (gratuit, vectoriel) ou Krita (gratuit, pour le dessin à main levée), elle peut ensuite être exportée en PNG transparent et déclinée pour chaque fête. Le style « cookie » décrit dans notre article dédié est un bon point de départ.

2. Puiser dans le domaine public

Les contes eux-mêmes (le petit chaperon, la princesse endormie, la jeune fille aux sept compagnons) sont des récits anciens, libres de droits. Ce qui est protégé, ce sont les versions modernes qu’en ont tirées les studios : leurs dessins, leurs costumes, leurs couleurs. Les illustrations anciennes de ces contes, publiées au XIXe siècle ou au début du XXe, sont souvent dans le domaine public et numérisées par les bibliothèques. Vous pouvez y découper des tubes en toute légalité, en vérifiant la date de mort de l’illustrateur.

3. Utiliser des ressources sous licence libre

Wikimedia Commons, Openverse ou les collections ouvertes des musées proposent des images sous licence CC0 ou CC BY. Notez toujours la source et la licence de chaque fichier.

4. Passer par une licence officielle

Certains éditeurs vendent des kits graphiques sous licence officielle, avec des conditions d’usage précises (usage personnel, nombre d’impressions, interdiction de revente). Lisez-les : elles excluent presque toujours la redistribution des images détourées.

5. Demander l’autorisation

Pour l’œuvre d’un illustrateur indépendant, un simple message suffit parfois. Beaucoup d’artistes acceptent un usage non commercial s’ils sont crédités ; certains ont même publié des conditions d’utilisation de leurs images. Conservez la réponse écrite.

Le cas des tubes « artistes »

Une partie des tubes qui circulaient étaient découpés dans les œuvres de peintres et d’illustrateurs contemporains, avec leur nom dans le titre. Citer l’artiste ne suffit pas : il faut son accord. À l’inverse, les tableaux anciens dont l’auteur est mort depuis plus de soixante-dix ans sont librement utilisables, et les grands musées en diffusent des reproductions en haute définition sous licence ouverte.

Marques, produits et publicités

Les poupées vendues en magasin, les mascottes de soda ou les boîtes de biscuits illustrées combinent droit d’auteur sur le dessin et droit des marques. Une création qui les met en scène peut laisser croire à un lien avec la marque ; c’est une raison supplémentaire de s’en abstenir dès que la création est publiée.

En résumé

Sources

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